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Quel avenir pour ces assemblages ?

Répondons d'abord à la question : Où se trouvent les assemblages de combustible usé ?

Aujourd'hui, 85% du combustible usé se trouve sur les sites des centrales nucléaires de Doel et de Tihange. 62% des assemblages se trouve dans les bâtiments centralisés d'entreposage intermédiaire. 23% du combustible usé se trouve dans les piscines de désactivation.

Ces assemblages sont dans l'attente :

. soit de leur prise en charge par l'ONDRAF qui assurera leur stockage géologique,

. soit de leur transport vers une usine de retraitement.

15%  du combustible usé a fait l'objet d'un retraitement dans le cadre de contrats antérieurs à 1993. L'uranium et le plutonium récupérés grâce à ce retraitement, soit 96%du combustible usé, ont déjà été réutilisés dans les réacteurs belges sous forme de nouveaux assemblages de combustible. Quant aux déchets ultimes, ils sont revenus en Belgique après avoir reçu un conditionnement spécifique. Ils sont aujourd'hui entreposés en toute sûreté sur le site de BELGOPROCESS (filiale de l'ONDRAF) dans l'attente de leur mise en dépôt final.

Retraitement ou pas retraitement

Suite à la résolution adoptée par la Chambre des Représentants en 1993, le retraitement du combustible irradié a été suspendu. C’est toujours le cas aujourd’hui.

La Commission des provisions nucléaires a toutefois retenu un scénario mixte où une partie des assemblages de combustible usé est retraitée et une autre partie est mise en dépôt final sans retraitement. 

Tôt ou tard, les autorités belges devront choisir entre :

  • Retraitement ou retraitement partiel
  • Non-retraitement.

Le non-retraitement

En cas de non-retraitement, on parle de cycle du combustible ouvert. L’assemblage de combustible usé est considéré comme un déchet. L’assemblage est entreposé provisoirement pendant plusieurs dizaines d’années. Cette période permet de diminuer l’émission de chaleur et la radioactivité de l’assemblage.  Il sera ensuite conditionné, placé dans un super conteneur et mis en dépôt final.  Le super conteneur est composé de plusieurs barrières (acier et béton) qui confineront les déchets pendant plusieurs milliers d’années. À noter que le cycle ouvert implique des volumes de déchets à stocker nettement plus importants que pour le cycle fermé.

Le retraitement  

Lorsque les assemblages de combustible usé sont retraités, on parle de cycle du combustible fermé.

Le retraitement permet de séparer l’uranium et le plutonium (qui représentent ensemble 96%) des produits de fission (4%).

L’uranium et le plutonium ainsi recyclés sont réutilisables pour la fabrication de nouveaux assemblages de combustible.

Les produits de fission et les structures métalliques des assemblages constituent les déchets finaux de haute et moyenne activités et de longue demi-vie. Ils sont respectivement vitrifiés ou compactés dans des fûts spéciaux et entreposés en lieux sûrs dans l’attente de leur conditionnement définitif et de leur mise en dépôt final.

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Jaune = déchets, orange = matières réutilisables

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Des contrats de retraitement exemplaires

Fin des années 1970, SYNATOM avait conclu plusieurs contrats de retraitement avec l’usine de La Hague en France. Ils portaient sur près de 672 tonnes de combustibles usés provenant des réacteurs nucléaires de Doel 1, de Doel 2 et de Tihange 1.  Aujourd’hui, ces contrats ont été parfaitement menés à leur terme.

  1. L’uranium et le plutonium récupérés - 96% - ont été valorisés dans de nouveaux assemblages de combustible. Assemblages qui ont déjà assuré leur cycle de production dans des réacteurs nucléaires belges.
  2. Les déchets issus du retraitement ont tous été rapatriés en Belgique et sont entreposés dans des bâtiments de Belgoprocess à Dessel. SYNATOM paie une redevance annuelle à l’ONDRAF pour cet entreposage.

Trois types de déchets finaux

  1. Les 4% de produits de fission sont calcinés et incorporés à haute température dans une matrice de verre. Le tout est introduit dans un conteneur en acier inoxydable.
    Ce sont des déchets vitrifiés, de haute activité et de longue durée de vie.
  2. Les structures métalliques (crayons et ossatures de l’assemblage) sont compactées et placées dans un conteneur en acier inoxydable. Ce sont des déchets compactés, de moyenne activité et de longue durée de vie.
  3. Les effluents provenant du retraitement sont conditionnés dans une matrice de verre et placés dans un conteneur en acier inoxydable. Ce sont des déchets vitrifiés, de moyenne activité et de longue durée de vie.

Au total, ce sont 853 conteneurs de déchets qui sont revenus en Belgique en 3 grandes campagnes qui ont représentés 25 transports.

Tous les conteneurs sont aujourd’hui entreposés, en toute sûreté,  dans des bâtiments spécialement conçus en fonction des caractéristiques des déchets.

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De gauche à droite : conteneur pour les déchets vitrifiés et conteneur pour les déchets compactés.

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Belgoprocess à Dessel : partie supérieure du bâtiment d’entreposage des conteneurs de produits de fission vitrifiés.

En résumé

SYNATOM a pris en charge les coûts de retraitement et de transport.

SYNATOM paie une redevance annuelle à l’ONDRAF pour l’entreposage des 853 conteneurs.

SYNATOM constitue des provisions financières pour le financement de toutes les activités liées à leur gestion et à leur stockage définitif.